Qu’est-ce qui explique la présence de la SMF chez SAJ ?

Des éléments de la Special Mobile Force assurent toujours la garde au domicile de Sir Anerood Jugnauth (aussi dit SAJ) qui ne détient plus de mandat électif sous la présente législature. Le traitement nous étant inconnu en l’état de notre lecture des prescriptions légales et régulatrices du pays, nous avons recherché l’éclairage du commissaire de police. Celui-ci chargé de veiller au respect de nos législations observe toujours le mutisme sur les raisons de ces dérogations policières.

Sir Anerood Jugnauth

Cinq éléments de la SMF continuent d’assurer la garde du domicile de SAJ à La Caverne, Vacoas. En fait il s’agit du même nombre d’opératifs du service paramilitaire qui était de faction devant sa demeure quand il était Premier ministre. Pour les autorités policières mauriciennes, SAJ est-il considéré comme un un ex-Premier ministre ou un ex-président ?

Or, outre le fait qu’Anerood Jugnauth ne détient plus de mandat électif sous la présente législature, il n’était également pas Premier ministre lorsqu’il a quitté la précédente, puisqu’il avait cédé la fonction à son fils, Pravind Kumar Jugnauth, à mi-mandat.

Après son passage à la présidence au Réduit, le père Jugnauth avait choisi de revenir aux affaires. Ainsi, il ne serait techniquement pas qualifié au traitement convenu aux ex-présidents. Ceux-ci, d’après la législation en vigueur, ont droit à certains privilèges à vie. La section 4 alinéa 3 de la President’s Emoluments and Pension Act prévoit en l’occurence :

(3) A retiring President or Vice-President shall, for the remainder of his life, be entitled to—

(a) the service of a clerk-typist and an office attendant at Government costs; and

(b) a Government motor-car with chauffeur.

Alors, qu’est-ce qui explique qu’à ce jour il y ait toujours 5 éléments de la SMF qui assurent la garde par rotation à la résidence de SAJ? Le commissaire Nobin aurait-il décidé d’accorder des faveurs autres que celles prescrites dans nos lois ? Nous avons formulé ces questions au commissaire de police à la demande des préposés du Police Press Office à qui nous les avions initialement adressées il y a de cela un mois.

Le commissaire, qui garde son droit au silence, ne peut être contraint à sortir de son mutisme que par voie de questions parlementaires. Mais, là encore, il faudrait que les parlementaires s’affranchissent de certains conditionnements, dont des déférences pauvrement inspirés.

Adoubé chevalier de la reine Elizabeth par son prédecesseur Seewoosagur Ramgoolam, Anerood Jugnauth avait été désigné « Mentor » sous la précédente législature, avec l’acquiescement des parlementaires de tous bords pour ce statut non-prévu dans la Constitution mauricienne. Il faudra donc à ces parlementaires déférents ou obséquieux accéder à cette culture qui leur permette de réaliser qu’aux échecs comme aux dames, l’adoubement permet de bouger une pièce… en se réservant le droit de faire marche arrière !

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