Coronavirus : La communication institutionnelle imprécise alimente le climat anxiogène

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La conférence de presse conjointe des ministres des Affaires Etrangères et de la Santé, en compagnie du directeur général d’Air Mauritius, loin de rassurer ceux qui sont directement concernés par cette connexion aérienne et les Mauriciens en général, a fait ressortir des flous qui, en la circonstance, alimentent davantage le climat anxiogène que suscitent la croissance des cas liées au coronavirus en Chine. Ces craintes populaires s’expriment même actuellement par des allusions racistes et xénophobes sur les réseaux sociaux.

Le premier indicateur d’une communication déficiente c’est quand des journaux faisant preuve de leurs bonnes dispositions envers les autorités publient des informations qui annulent les efforts de celles-ci. Exemple : ION News a assuré la retransmission en direct de la conférence de presse du 27 janvier et publiait le même jour un article alléguant que le ministère de la Santé n’avait pas transmis le moindre prélèvement à l’étranger. Le déficit de communication tient au fait qu’il n’y a pas eu de communication subséquente du ministère de la Santé pour signaler au journal le caractère erroné de cette information ; en l’occurrence qu’ une telle procédure est envisagée seulement dans l’éventualité où un certain nombre de symptômes viendraient valider les suspicions qui justifient alors cette procédure de confirmation en laboratoire.

La plus grosse bourde vient cependant du DG d’Air Mauritius alors que cette compagnie est sans doute la structure mauricienne la mieux rodée au plan opérationnel. La plupart des journaux ont d’ailleurs titré sur le maintien des vols sur Shanghai et sur Hong Kong compte tenu de l’approche absolutiste de Somas Appavou.

Or, il y a des explications plus conformes à la réalité que Somas Appavou a passé à la trappe en se lançant dans sa fanfaronnade. Il y avait, en tout premier lieu la nécessité de faire comprendre que les droits pour la desserte de la destination s’accompagnent aussi de certaines obligations de service qui peuvent être abrogées dans des conditions établies. Dans le cas présent, par exemple, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) n’avait pas décrété l’état d’urgence de santé publique de portée internationale après sa réunion d’urgence sur le coronavirus 2019-nCoV (voir hors-texte).

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Somas Appavou, le DG d’Air Mauritius

Par ailleurs, cette question de santé publique n’est pas une situation nouvelle (contrairement à ce qu’avance le ministre de la Santé) pour la compagnie d’aviation nationale qui avait dû faire face à une situation similaire en 2003, notamment pour la gestion de la desserte des pays d’Asie du Sud-Est durant l’épidémie du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS). La procédure consistant à embarquer des masques correspondant aux usages médicales a, en effet, été appliquée. MK s’est même constitué un stock supplémentaire de masques suite aux informations indiquant une pénurie de masques à Shanghai et à Hong-Kong.

La gestion du SRAS n’est pas un épisode anodin dans l’histoire de MK car il avait nécessité l’arrêt des opérations, durant six mois, sur Singapour, la Malaisie et Hong-Kong. Cette opération menée alors sous le leadership de Vinod Chidambaram avait valu à Air Mauritius d’être sollicité par la IATA pour faire partie du panel d’experts en vue d’établir une politique alternative de communication pour les situations exceptionnelles comme celles où l’OMS ne peut disposer de ses procédures habituelles faute de ses modalités établies en matière d’identification et de ses normes d’évaluation d’impact. En somme, la IATA voulait se doter d’une politique de communication institutionnelle pour la gestion de l’incertain (une dimension plutôt rare dans la discipline) et aussi pour préparer la reprise du service après une telle crise.

Il y a aussi un aspect essentiel à ce type de risque sanitaire qui consiste à minimiser les risques. En de telles circonstances, les transporteurs nationaux ne peuvent fonctionner dans leur stricte logique d’exploitant commercial. Dépendant du type d’assurance à laquelle ils souscrivent, ils peuvent mitiger les pertes financières que ce type de situation occasionne. Pour être plus concret, il eut été normal et recomandé que le DG d’Air Mauritius informe les ministres concernés de dispositions prises au plan commercial pour que ceux ayant fait des réservations puissent reporter leurs voyages, voire même de proposer des remboursements pour ceux qui envisageraient des annulations. De telles dispositions sont du type à inciter ceux qui n’ont rien d’essentiel à faire dans cette région à ne pas s’y rendre. Ce qui contribue concrètement à la réduction des risques. Qu’il n’en ait pas fait mention laisserait comprendre que son département commercial aurait manqué de réactivité, ou au cas où une telle décision aurait été prise, qu’il est allé participer à cette conférence de presse sans préparation adéquate.

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En fait, ce type d’absolutisme vient davantage confirmer les informations selon lesquelles Somas Appavou veut afficher une autorité qu’il torpille par son caractère impétueux qui lui vaut des décisions parfois pauvrement fondés.

Le déficit de communication s’étend aussi jusqu’à l’ignorance des autres parties qui peuvent assurer un relais important auprès des quartiers populaires. Ainsi, Vela Gounden, le président du village de Souillac, expliquait à L’Express que les autorités ne lui ont adressé aucune communication alors que le service hospitalier accueillant les personnes en quarantaine se trouve dans son village. S’exprimant avec une grande modération, le président du village est venu expliquer comment cela l’entrave dans l’exercice de ses responsabilités d’élu qui doit pouvoir rassurer les villageois.

OMS : nouvelle évaluation du comité d’urgence jeudi Après une rencontre de plusieurs heures avec le comité d’urgence, à Genève le 22 janvier, le directeur général de l’OMS, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, a déclaré ne pas être prêt à déclarer la propagation du nouveau coronavirus 2019-nCoV comme une « urgence de portée internationale ». Au moment où se tenait cette réunion, des cas confirmés avaient été recensés en Thaïlande, au Japon, en Corée du Sud, à Taïwan, aux États-Unis et dans les territoires de Hong Kong et de Macao. Le nombre de personnes contaminées en Chine continentale avait plus que doublé dans les trois derniers jours, passant de 198 cas confirmés le 19 janvier, à 541 le 22 janvier. Toutefois, le Dr Ghebreyesus a affirmé que le comité d’urgence poursuivra son analyse de la situation jeudi et qu’il pourrait alors décréter une « urgence de santé publique de portée internationale », une qualification qui n’a été utilisée jusqu’ici que pour les épidémies de grippe porcine H1N1 en 2009, du virus Zika en 2016 et de la fièvre Ebola de 2014 à 2016, et en 2018. Le Dr Ghebreyesus a par ailleurs salué l’excellente collaboration des autorités chinoises, et leur efficacité à adopter les mesures nécessaires pour freiner la propagation du virus. La ville chinoise de Wuhan, où est apparu ce nouveau virus, a été « mise en quarantaine ». Tous les transports publics (avions, trains, bus, métros, traversiers) de cette mégapole ont interrompu leur service jeudi, afin d’empêcher les déplacements qui s’annonçaient nombreux pour les festivités du Nouvel An chinois. Les onze millions de Wuhanais ont été avertis de ne pas quitter la ville, sauf pour circonstances exceptionnelles. Le port du masque a été rendu obligatoire dans les lieux publics.

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OMS : nouvelle évaluation du comité d’urgence jeudi

Dr. Tedros Adhanom Ghebreyesus, le directeur général de l’organisation mondiale de la santé (OMS)

Après une rencontre de plusieurs heures avec le comité d’urgence, à Genève le 22 janvier, le directeur général de l’OMS, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, a déclaré ne pas être prêt à déclarer la propagation du nouveau coronavirus 2019-nCoV comme une « urgence de portée internationale ».

Au moment où se tenait cette réunion, des cas confirmés avaient été recensés en Thaïlande, au Japon, en Corée du Sud, à Taïwan, aux États-Unis et dans les territoires de Hong Kong et de Macao. Le nombre de personnes contaminées en Chine continentale avait plus que doublé dans les trois derniers jours, passant de 198 cas confirmés le 19 janvier, à 541 le 22 janvier.

Toutefois, le Dr Ghebreyesus a affirmé que le comité d’urgence poursuivra son analyse de la situation jeudi et qu’il pourrait alors décréter une « urgence de santé publique de portée internationale », une qualification qui n’a été utilisée jusqu’ici que pour les épidémies de grippe porcine H1N1 en 2009, du virus Zika en 2016 et de la fièvre Ebola de 2014 à 2016, et en 2018.

Le Dr Ghebreyesus a par ailleurs salué l’excellente collaboration des autorités chinoises, et leur efficacité à adopter les mesures nécessaires pour freiner la propagation du virus. La ville chinoise de Wuhan, où est apparu ce nouveau virus, a été « mise en quarantaine ».

Tous les transports publics (avions, trains, bus, métros, traversiers) de cette mégapole ont interrompu leur service jeudi, afin d’empêcher les déplacements qui s’annonçaient nombreux pour les festivités du Nouvel An chinois.

Les onze millions de Wuhanais ont été avertis de ne pas quitter la ville, sauf pour circonstances exceptionnelles.

Le port du masque a été rendu obligatoire dans les lieux publics.




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