Arrestation de Steve Bannon, l’ancien directeur de campagne de Trump, pour détournement de fonds

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Steve Bannon, à sa sortie du tribunal. L’ultranationaliste avait quitté la Maison Blanche à l’été 2017, sept mois après que le président Trump ait prêté serment.

Bannon a plaidé non coupable jeudi, après que les procureurs fédéraux aient allégué que l’ancien directeur de campagne de Trump, et trois autres personnes avaient « orchestré un stratagème visant à frauder des centaines de milliers de donateurs » pour le projet du mur visant à rendre les frontières séparant les Etats-Unis du Mexique étanche à toute tentative de migration. Selon l’acte d’accusation, des promesses avaient été faites que l’argent donné serait utilisé à 100% pour le projet. Or, les accusés auraient, entre autres, truqué des factures, pour cacher ce qui relèverait du blanchiment d’argent.

Par le biais d’une organisation à but non lucratif qu’il contrôlait, Bannon, 66 ans, « a reçu plusieurs millions de dollars de la campagne en ligne ‘We Build the Wall’. Il aurait utilisé une partie pour couvrir des centaines de milliers de dollars de « ses dépenses personnelles », allèguent les procureurs fédéraux de New York.

La campagne de l’ONG a permis d’amasser plus de 25 millions de dollars. Trois autres hommes, Brian Kolfage, Andrew Badolato et Timothy Shea, ont également été arrêtés dans le cadre de ce stratagème qui, selon les autorités, visait à détourner les fonds de l’organisme à but non lucratif. La justice américaine reproche à Kolfage d’avoir utilisé une partie des dons pour acheter un bateau, le Warfighter. Ce “Combattant” était en Floride dans le défilé nautique en l’honneur de Donald Trump le 4 juillet. Un défilé au large de la ville de Destin…

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Ce coup de filet, mené par Audrey Strauss, la procureure fédérale de Manhattan, survient à moins de trois mois de l’élection présidentielle. On notera que le prédécesseur de Mme. Strauss a été limogé en juin par Donald Trump. Mme. Strauss est réputée pour sa ténacité dont on a pris d’avantage conscience car c’est bien elle qui assure la poursuite dans le procès fortement médiatisée de Ghislaine Maxwell dans l’affaire Epstein.

Mme. Audrey Strauss, la procureure fédérale de Manhattan.

Les accusés font face à un chef d’accusation chacun de complot en vue de commettre une fraude et un autre chef pour complot en vue de commettre un blanchiment d’argent. La condamnation sous chaque chef d’inculpation est passible d’une peine d’emprisonnement maximale de 20 ans.

Portant un masque blanc, et l’air d’avoir bien bronzé sous le soleil, Bannon a comparu brièvement dans un tribunal fédéral dans le centre de Manhattan quelques heures après avoir été arrêté sur un yacht de luxe au large des côtes du Connecticut. Avec ses trois complices présumés, il aurait prétendument écrémé les dons d’une campagne de collecte de fonds en ligne pour le mur frontalier controversé du président Trump avec le Mexique.

Après sa comparution en cour, Bannon a été libéré contre une caution de 5 millions de dollars, et une garantie financière de 1,75 millions de dollars en espèces ou en biens immobiliers. Il a jusqu’au 3 septembre pour fournir cette somme. Suivant les requêtes motivées par le fait qu’il ait été arrêté sur le yacht d’un homme d’affaires chinois1, le juge a déclaré qu’une condition de sa caution était que Bannon ne devrait avoir « aucune utilisation d’avions privés ou yachts privés ou des bateaux ».

L’ex-patron du site Breitbart News, un ultranationaliste proche de l’extrême droite, a affirmé dans son podcast que son arrestation était destinée à «intimider les gens» soutenant le mur anti-immigration promis par Donald Trump lors de sa campagne victorieuse de 2016. Une reprise de sa brève déclaration aux journalistes et aux photographes qui l’attendaient à la sortie du palais de justice en début de soirée. Bannon avait déclaré: « Tout ce fiasco est d’arrêter les gens qui veulent construire le mur ». « Tout le monde sait que je ne suis pas du genre à me laisser faire », a-t-il déclaré dans son podcast War Room. « Je suis prêt à tenir le temps qu’il faudra », a-t-il insisté. « Je vais continuer à me battre ».

Désormais en campagne pour sa réélection, le président américain a pris jeudi ses distances, affirmant «ne rien connaître de ce projet» de financement participatif et ne pas avoir eu de contact «depuis très longtemps» avec son ancien conseiller. Steve Bannon fut l’un des architectes de la campagne présidentielle de Donald Trump en 2016. Après des conflits internes, Steve Bannon, initialement très influent, avait dû quitter la Maison-Blanche en août 2017.

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1Le bateau appartient à Guo Wengui, généralement présenté comme un Chinois contraint à s’exiler en raison de ses critiques du parti communiste chinois. Il fait l’objet d’une investigation du FBI pour fraude dans un projet de compagnie médiatique où Steve Bannon serait partenaire.


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