Air Mauritius: Révisions unilatérales des allocations de l’équipage à l’étranger

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Les mesures instaurées pas abordées lors de la rencontre de l’administrateur avec le personnel

La directive d’Alain Leung équivaut à réclamer à l’équipage de subventionner MK pour les Overseas Duty Allowance

Alain Leung et Satar Hajee Abdoula et un équipage d’Air Mauritius
La coupe unilatérale servie en coup de Jarnac

Alors que les représentants du personnel navigant cabine (PNC) rencontraient l’administrateur d’Air Mauritius vendredi (8 mai 2020) à Ebène, Alain Leung Hing Wah, le vice-président exécutif (EVP) des opérations de vol, émettait le soir une directive informant que le système de débours des allocations pour le personnel navigant était remplacé par une « Overseas Duty Allowance » (ODA) avec effet immédiat. Le directeur exécutif attribuait la source de cette décision à « The Administrators », alors que de source syndicale on apprend que l’administrateur Satar Hajee Abdoula n’a pas fait mention de cette décision au cours de la réunion d’information qu’il avait convoqué. En outre, selon le memorandum transmis aux membres d’équipage, il est prévu que ces allocations soient payés à la fin du mois pour les vols effectués durant le mois précédent ; ce qui équivaut à réclamer au personnel navigant de subvenir aux déboursements que la compagnie aurait dû effectuer pour l’entretien de son personnel dépêché en mission à l’étranger.

L’abus est flagrant eu égard aux obligations d’Air Mauritius en tant qu’employeur d’assurer les frais d’entretien de son personnel qui effectuent ses missions à l’étranger. Ces allocations étaient déterminés en fonction du coût de la vie dans les destinations desservies par la compagnie d’aviation nationale. Ces coupes surviennent après que les PNC aient effectué une première série de missions au cours desquelles deux membres d’équipage qui avaient effectué des vols de rapatriement aient été testés positifs au Covid-19. Les PNC effectuent déjà des convoyages cargo en effectifs réduits et l’on sait aujourd’hui que du matériel a été placé en cabine alors que dans une circulaire signée par Raja Buton, il avait été convenu que cela ne se produirait pas.

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A bien voir, la nouvelle grille posée dans ces Overseas Duty Allowances, est une copie de celle d’Air Mate1, en outre, révisée à la baisse. En effet, dans le cas de la directive d’Alain Leung, les destinations desservies par MK ont été regroupées en régions comme c’est le cas pour Air Mate. Cette directive entraîne des coupes importantes avec, par exemple, une réduction d’environ 59 % sur Paris, 53 % sur Shanghai, 47 % sur Perth, 30 % sur Kuala Lumpur et 28,5 % sur Bombay.

En engageant le personnel d’Air Mate, notamment avec une base salariale et des allocations inférieures à celles du personnel navigant MK, Air Mauritius recourt à une astuce pour réduire sa masse salariale. Sur certaines destinations, les allocations du personnel d’Air Mate pouvaient représenter le tiers de celui de leurs homologues d’Air Mauritius. Cette différence de traitement au sein d’un même équipage pouvaient engendrer des malaises au plan relationnel, que les PNC de MK essayaient quelquefois d’atténuer par des mises en commun de leurs dépenses de repas.

Cette allocation différenciée, dans le cadre d’une escale égale imposée dans le cadre d’un vol, avait fait l’objet d’une détermination au sein de MK pour l’alignement des allocations des PNC et du personnel navigant technique (PNT – pilotes), selon le raisonnement que l’estomac d’un steward ne peut être considéré inférieur à celui d’un pilote sans succomber à une pratique à caractère discriminant. Ce qui mit fin au traitement différencié. Le personnel d’Air Mate, employé sur une base contractuelle, n’a jamais jusqu’ici contesté cette discrimination apparente.

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Les allocations réduites au moment où le personnel navigant s’expose davantage aux risques

La directive prévoit même que « In cases where all meals are provided at the hotel during layover, the ODA will not be payable ». Cette disposition constitue un véritable piège pour le personnel d’Air Mate en particulier qui se retrouve souvent privé de petit déjeuner car ils arrivent souvent à l’hôtel après le service ou ceux qui y parviennent tard en raison de retards sur l’horaire. C’est donc à ce régime que l’ensemble des PNC est réduit et, cerise sur le gateau : à leurs frais !

En effet, Alain Leung Hing Wah prend le soin de préciser : « Payment of this allowance (non-taxable) will be effected in Mauritian Rupees at the end of every month for all ODA related to layovers of the preceding month. For example, for layover flights performed in May 2020, the actual ODA due will be payable at the end of June 2020. There will be no advance payment ». Or, cette allocation ne constitue pas des revenus versés au personnel ; elle est non- taxable parce qu’elle fait partie des obligations de MK pour l’entretien de son personnel à l’étranger et s’inscrit dans sa comptabilité comme des charges opérationnelles pour lesquelles la compagnie devrait obtenir des exemptions fiscales.

Par ailleurs, en choisissant de décréter qu’il n’y aura pas de déboursement à l’avance, Alain Leung s’écarte d’un principe établi avec même le personnel d’Air Mate à qui la compagnie remettait un montant de 600 Euros à l’avance pour faire face aux dépenses qui allaient être remboursées le mois suivant. Sa directive abroge ainsi ce principe qui relève, en réalité, d’une tradition vieille de plus de trois siècles, en l’occurrence le contrat d’engagement du personnel navigant qui prévoit, encore aujourd’hui, le paiement d’une avance sur la rémunération convenue.

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Le problème se corse dans la mesure où le personnel navigant s’est constitué créancier dans la procédure d’administration volontaire. A ce titre, les représentants des PNC, réunis au sein de l’Air Mauritius Cabin Crew Association (AMCCA), savent pertinemment qu’Air Mauritius n’a pas les moyens de payer ses dettes. Ils avaient déjà consenti, par le biais des accords conclus entre Somas Appavou avec les précédents responsables de leur syndicat, à recevoir ces ajustements « quand les finances de la compagnie s’amélioreraient ». Or, au cas où ils consentiraient à subventionner MK pour leurs allocations repas, la compagnie d’aviation pourrait leur faire faux bond pour le remboursement, puisqu’elle leur doit déjà des arriérés sur des ajustements de salaire… et ce depuis 2014 !

1Air Mate est une filiale de MK fournissant en sous-traitance des services d’assistance aux comptoirs et du personnel navigant


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3 comments

  1. En dépit de multiples tentatives de relecture, il m’est bien difficile d’en tirer une information compréhensible.
    Il est évident que l’auteur est désireux de susciter l’excitation des lecteurs à travers cet écrit.
    Cette restriction d’allocation est source de remous à travers le grand public mauricien car il en découle un mécontentement concernant la différence de traitement entre PNT et PNC.
    Vous insistez sur l’absence d’égalité entre personnels navigants comme d’un fait outrageant alors qu’il ne s’agit que d’un fait. Ce sont des individus porteurs de diplômes tout opposés, les connaissances n’en sont pas comparables, les conduites à tenir en cas d’urgence sont stratifiées. Il appartient à chaque individu d’exercer sa profession selon le diplôme qu’il endosse, ce que le grand public tend à omettre au plus grand désarroi du bon sens de l’Homme. Il s’agira donc de parler d’équité et non pas d’égalité, de pondérer les situations, et de se poser à la réflexion avant de s’exprimer à ce sujet.
    Seriez-vous amène à confier votre vie aux mains d’une personne non qualifiée à ce titre ? Je vous laisse à réflexion. Il s’agit du même raisonnement que vous tenter de susciter dans votre article.
    Il conviendra par ailleurs à l’avenir d’améliorer votre sens de l’écriture, en élaguant vos phrases, et améliorant la fluidité, cela n’en rendrait pas vos propos plus véridiques mais pourrait-il moins désagréables à la lecture.
    La grammaire est accessible à tous, c’est une histoire équitable.

  2. Cher  »lecteur avisé  ». Je pense que vous devriez relire l’article car il me semble que vous n’avez absolument rien compris. Votre explication n’a ni queue ni tête. Vous parlez de diplôme et ici on parle d’allocation repas. Par contre si le bon français vous dérange, je vous conseillerai de ne pas lire Indocile car il me semble que le niveau est beaucoup trop élevé pour votre compréhension du bon français. Sans rancune.

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