Air Mauritius: L’AMCCA renouvelle le mandat de son conseil exécutif

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Possible réplique aux administrateurs devant les tribunaux

Une assemblée générale très animée au cours de laquelle les membres du conseil exécutif ont eu à répondre aux questions de leurs collègues soumis à un stress psychologique intense et continu.

Les membres du syndicat du personnel navigant cabine (PNC) d’Air Mauritius (MK) ont renouvelé leur confiance en leur équipe dirigeante lors de leur assemblée générale à la Unity House à Beau-Bassin vendredi (31 juillet 2020). L’exécutif de la Air Mauritius Cabin Crew Association (AMCCA) qui accueille Finley Seetharamadoo, un nouveau membre en remplacement de Ravi Hardowar, animateur d’une dissidence au sein du syndicat, va devoir considérer son approche suite à la décision des administrateurs de contourner le syndicat en adressant directement et à titre individuel une proposition de contrat de travail à 220 PNC seulement, laissant quelques 200 autres dans une totale incertitude et occasionnant du même coup de nouvelles scissions au sein du personnel navigant cabine.

Pour les membres du conseil exécutif d’AMCCA, la réélection n’est pas une occasion de réjouissances. Selon nos informations, ils ont déjà calé une session de travail pour lundi avec leurs conseillers juridiques de la firme Dentons. C’est au cours de l’assemblée générale que Yogita Babboo-Rama a révélé que le cabinet spécialisé dans le droit des affaires a offert ses services à titre gracieux, le syndicat n’ayant eu qu’à régler des frais administratifs. Pour rappel, Dentons a, en premier lieu, positionné l’AMCCA au rang des créanciers d’Air Mauritius, obtenant du même coup que l’ensemble du personnel d’Air Mauritius se retrouve sous cette ombrelle. Par ailleurs, le syndicat a requis et obtenu de la Cour Suprême de pouvoir prendre les devants pour solliciter l’Employment Relations Tribunal contraignant ainsi Satar Hajee Abdoula à des négociations qu’il n’entendait pas mener initialement.

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Ces négociations ont-elles abouti à des résultats ou ont-elles capoté ? La question est ainsi posée par des responsables des autres syndicats regroupant d’autres catégories de métiers au sein de la compagnie nationale d’aviation. Concrètement 220 membres d’équipage ont obtenu une proposition de contrat de travail reprenant quelques-uns des termes faisant l’objet des négociations entre le conseil exécutif de l’AMCCA et les administrateurs. Mais le procédé lui-même est considéré comme doublement vexatoire, dans la mesure où, au premier chef, les administrateurs ont très cavalièrement ignoré le syndicat pour envoyer les nouvelles propositions de travail à titre individuel à 220 PNC seulement et, deuxièmement, l’AMCCA considère qu’il n’y a pas eu d’accord collectif puisque celui-ci était encore sujet à des amendements. Selon nos informations, ce serait même les responsables du syndicat qui ont attiré l’attention des administrateurs sur certaines anomalies que ceux-ci auraient corrigé par voie d’annexe au courrier précédemment envoyé aux PNC concernés.

L’exécutif du syndicat est encore plus remonté contre les administrateurs compte tenu du fait que ceux-ci aient fait l’impasse sur une centaine de Flight Pursers. « Vous pensez bien que nous avons négocié pour tous les membres d’équipage, proposant même aux administrateurs que les mesures de service à temps partiel ou de leave without pay soient réparties sur l’ensemble des PNC nous permettant d’exercer notre solidarité pour préserver les emplois en attendant que les opérations reprennent et que la compagnie retrouve une meilleure santé financière. Sauf qu’en agissant de la sorte, les administrateurs ont mis la présidente dans un réel embarras vis-à-vis des membres, ce qui se reflète d’ailleurs dans son score, même si elle s’en est sortie haut la main », nous confie une source au sein de l’exécutif.

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Comme annoncé par Indocile, les administrateurs ont écrit à nouveau à ceux qui avaient reçu leurs propositions pour la retraite anticipée pour tenter de les rassurer qu’il n’y aurait pas eu de faute ou de manœuvres dolosives à leur encontre compte tenu du fait que le fonds de pension ne soit pas en mesure de procéder aux décaissements attendus désormais. De même, ceux qui ont reçu de nouvelles propositions de travail se sont vus contraints d’exercer un choix avec une échéance au 29 juillet, soit à deux jours seulement de la tenue de l’assemblée générale. « On ne peut pas dire que nos membres ont signé en toute connaissance de cause. Il faut bien admettre qu’ils ont signé sous la pression. Depuis le début de la mise sous administration, et ajouté à cela les vols effectués dans le contexte du Covid-19, les membres d’équipage sont restés dans un état de stress psychologique continu », nous explique un autre membre de l’exécutif d’AMCCA. Il faut savoir que les contrats réalisés avec des vices de consentement sont contestables en droit et, si cette perspective s’avère, les administrateurs pourraient faire face à quelques graves ennuis judiciaires.

Vexée certes par la manière de faire des administrateurs, autant qu’elle se sera sentie blessée par les attaques provenant de factions dissidentes, Yogita Babboo-Rama n’a pas l’air de se laisser aller pour autant aux états-d’âme. Elle semble plutôt bien résolue à jouer la mère-poule pour ramener tous ses poussins sous son aile. Car, nous apprenons qu’elle a laissé un message en interne à tous les membres d’AMCCA dès le lendemain de l’assemblée générale pour leur faire part de la détermination de son équipe à se battre pour les 200 PNC ignorés par les administrateurs.

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La présidente a déjà instruit son conseil exécutif, une équipe essentiellement masculine, de prendre les dispositions pour la séance de travail convenue avec Me. Robin Mardemootoo dès ce lundi. Avec une résolution aussi manifeste, il ne serait guère étonnant que les administrateurs finissent par se retrouver devant ces tribunaux où ils ne souhaitaient pas comparaître. La sagesse veut que ceux qui en humilient d’autres en les traitant en bourriques finissent par recevoir le coup de l’âne !


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