​La « Population Générale »: groupe générique et non résiduel

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Me. Parvèz Dookhy invite à une relecture de la Constitution différente du point de vue dominant qui a prévalu jusqu’ici

Dans une intervention sur sa page Facebook, Parvèz Dookhy, juriste et dirigeant de Ralliement Citoyen pour la Patrie (RCP) invite à une relecture de la première cédule de la Constitution selon laquelle la communauté désignée « Population Générale » ne devrait pas être considérée comme un groupe résiduel, mais plutôt comme le groupe générique. Dans cette optique, ceux qui aspirent à la députation ont jusqu’ici fait le choix de s’auto-désigner comme des candidats communautaristes plutôt que des représentants de l’ensemble national que regroupe la « Population Générale ».

« La Constitution laisse donc un choix aux éventuels candidats en leur accordant une option : soit de faire primer leur appartenance communautaire ou religieuse soit d’appartenir au groupe générique, donc a contrario sans faire état de leur appartenance religieuse ou communautaire », fait remarquer Parvèz Doohky.

Dans le dernier groupe nommé dans la Première cédule, le groupe désigné sous le vocable « Population générale », il n’est fait aucune référence à une appartenance religieuse ou communautaire. 

Me. Parvèz Dookhy

Cette « Population Générale » est plus simplement définie comme un groupe de personnes partageant « un mode de vie » (way of life).

​Dans la Première cédule de la Constitution, il existe trois groupes religieux ou communautaires, notamment: communauté hindoue, communauté musulmane et communauté sino-mauricienne. Le quatrième groupe était généralement présenté par les législateurs comme un groupe par défaut, la perception populaire étant que celle-ci regrouperait en particulier la population provenant des différentes confessions chrétiennes, soit un groupe pendant longtemps minoritaire par rapport à une majorité hindoue.

Pour le Leader su RCP, cette « Population Générale » n’est pas un quatrième groupe « communautaire » qui se définirait « par rapport aux autres groupes communautaires » ; précise-t-il. Mais il s’agit plutôt du groupe générique autonome plutôt que d’un groupe résiduel, « contrairement à ce que la pensée dominante depuis l’Indépendance a laissé croire ». La relecture de cette Première cédule selon la logique de Parvèz Dookhy viendrait ainsi contraindre certains candidats à afficher leurs préférences communautaristes, en opposition donc aux aspirations pour une identité nationale plus intégrante et inclusive.

Cette proposition de relecture constitutionnelle de Parvèz Dookhy ne vient pas influer directement sur la contestation juridique engagée par Rezistans ek Alternativ (ReA). Ce groupe politique, qui se démarque des quatre principaux partis qui ont monopolisé le parlement depuis l’indépendance, s’insurge contre le décret du vice-président de maintenir l’ancienne formule de déclaration ethnique.

ReA, par la voix de son Leader Ashok Subron ce matin, (voir vidéo ci-contre) a dit faire encore une tentative en sollicitant le Chef juge et menace même de recourir à la désobéissance civile si le gouvernement ne respecte pas l’orientation préconisée dans l’avis consultatif émis par le tribunal international de justice de La Haye. Cette instance n’oblige pas les aspirants candidats à décliner une appartenance ethnique selon l’entendement conventionnel des législateurs et des gouvernements qui se sont succédés depuis l’indépendance.

Si la proposition de Parvèz Dookhy ne peut venir enrichir l’argumentaire de ReA puisqu’il a déjà été soumis, avec succès, par Me. Rex Stephen devant les instances locales et internationales, par contre, il n’est pas interdit au Chef Juge de le considérer et de l’adopter dans le cadre de l’examen de la requête de ReA. ​​

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